Sujet : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Les océans couvrent les trois quarts de la surface terrestre et les énergies de la mer sont de plus en plus à l'ordre du jour. Nous vous proposons de faire le point sur cette filière pour savoir quel rôle elle peut jouer dans les énergies renouvelables : quels avantages et quels inconvénients pour les énergies de la mer, et quelles sont les technologies fiables ?

Forum organisé par Valeurs Vertes en partenariat avec B-Bornemann Conseil / www.energiesdelamer.com

Rendez-vous mercredi 25 janvier de 10h30 à 11h30 pour suivre les débats.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Christophe Le Visage, ingénieur, consultant en politiques et stratégies maritimes

L’océan est le plus grand capteur solaire du monde. L’énergie venue du Soleil (et un peu de la lune, par les marées) est disponible en abondance et sous de nombreuses formes (courants, vent, marée, vagues, chaleur…). Grâce aux évolutions techniques de ces dernières années, poussées notamment par l’industrie pétrolière, on sait désormais capter cette énergie. Mieux distribuées que le pétrole, en principe accessibles à tous (la mer, « bien commun de l’humanité ») et exploitables sans impacts environnementaux majeurs, les énergies marines renouvelables (EMR) pourraient contribuer de manière déterminante à la transition énergétique – mais au risque de remplacer les pétromonarchies par des « technomonarchies » financières (les EMR, c’est compliqué et capitalistique) si les citoyens et les Etats ne revendiquent pas la souveraineté sur ces ressources en les inscrivant dans leurs politiques énergétiques et maritimes.

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Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le GICAN est un groupement professionnel qui rassemble les industriels français du secteur naval et maritime.
Il réunit les grands maîtres d'œuvre, systémiers et équipementiers ainsi que les PME/ETI, dont le savoir-faire de conception,  construction, maintenance et mise en œuvre des navires s'applique aussi aux autres activités maritimes comme les énergies marines renouvelables. Les EMR sont une opportunité de diversification importante pour notre filière, et donc de stabilité à long terme, les marchés des navires étant eux largement cycliques. Surtout, les EMR représentent pour l'humanité, et notamment en France, une opportunité de diversification intéressante du mix énergétique, au profit de sources non carbonées, assez stables pour certaines, et moins intermittentes qu'à terre pour les autres. Les EMR ne posent d'autre part pas de problèmes de sécurité, ni de démantèlement, et sont "locales", donc offrent une indépendance bienvenue, en particulier pour les zones iliennes ou mal connectées par le réseau électrique.La question des surcouts par rapport aux énergies les moins chères est encore importante, mais il y a une baisse rapide en cours des couts des EMR, qui devraient être compétitives d'ici 5 à 10 ans, pour beaucoup de cas de figures.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le projet d’implanter une ferme éolienne pilote entre Groix et Belle-Île (Morbihan) ne constitue pas une bonne nouvelle pour la pêche professionnelle. Un tel projet est en effet synonyme de perte d’une zone de pêche (en l’occurrence 17 km² pour 4 éoliennes), de gène durant les travaux, de rupture dans la continuité des zones de pêche, d’inconnu quant aux conséquences sur les ressources halieutiques et l’environnement marin. Néanmoins, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan (organisme élu et paritaire, chargé de gérer et représenter la filière Pêche au niveau départemental) est bien conscient des enjeux nationaux en matière d’énergie marine renouvelable. Plutôt que de s’opposer frontalement à ce projet, nous avons donc demandé à être consulté à chaque étape de développement du projet ; ce qui a été parfaitement accepté. C’est ainsi que nous avons défini une « zone de moindre contrainte » qui répond aux normes techniques voulues par le développeur, mais où l’impact (de toute façon négatif) sera moindre pour la pêche professionnelle. Nous demandons également que le câble de raccordement vers la terre soit intégralement ensouillé (enterré) afin de pouvoir continuer à pêcher sur son tracé. Enfin ce site doit rester un site pilote (pour des éoliennes flottantes, et non pas posées) et ne pas devenir un site industriel. Par la suite, des mesures compensatoires devront aussi être envisagées.

5 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 11:29:48)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Chez Ecocinetic nous ne sommes pas du métier des hydroliennes marines, mais du fluvial et de l'estuarien.
Même si nous avons des réalisations marines, notamment avec GEPS techno qui developpe des plateformes multi-énergies , et de nombreux projets en vue pour les iles et les atolls, donc de proximité .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Avenir plus atteignable sur le fluvial en terme de technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
Néanmoins nous ne nous mettons pas en opposition les marchés et les technologies sont complémentaires .
De très nombreux emplois sont à créer

Frédéric Mourier  responsable R&D chez Ecocinetic

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Bonjour à tous

Les énergies marines sont un sujet parfois méconnu du grand public. Nous voyons déjà à travers vos premières interventions tout le potentiel qu'elles possèdent et nous allons avec vous ce matin essayer de faire le point sur leur actualité et leur futur.

7 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 11:48:26)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Les craintes de M. Piel sont fondés, mais il ne faut pas grossir le trait .
La compatibilité avec leur activité est regardée de très pret .
Des normes se mettent en place .
Mais effectivement le choix de la technologie employée est primordial.
C'est pour cette raison que chez Ecocinetic, nous avons développé une turbine à rotation lente, sans bord d'attaque agressif.
Elle est ichtyocompatible, même testée en milieu confiné comme des passes à poisson .
Ce qui est loin d'être le cas de nombreuses turbines marines existantes ou en projet .
Mais les projets pilotes sont aussi là pour éprouver tout cela, disons que c'est un mal pour un bien futur .
Une selection des technologiques se fera avec le temps .

Idem pour les raccordements , l’atterrage, nous faisons les choix de la proximité du lieu de consomation, pour réduire le coût et l'impact à son minimum . C'est une autre logique

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Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Comme en toutes activité économique, pour les EMR, il faudra développer des méthodes globales permettant d'apprécier les couts et bénéfices économiques, sociaux, écologiques des projets. On n'en est qu'au début des réflexions en la matière, et une difficulté est le risque de favoriser indument les développements passés, déjà en fonctionnement comme le parc nucléaire français, en général réalisés sans prise en compte de telles appréciations globales, en particulier en matière environnementale.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:

les énergies marines renouvelables (EMR) pourraient contribuer de manière déterminante à la transition énergétique – mais au risque de remplacer les pétromonarchies par des « technomonarchies » financières (les EMR, c’est compliqué et capitalistique) si les citoyens et les Etats ne revendiquent pas la souveraineté sur ces ressources en les inscrivant dans leurs politiques énergétiques et maritimes.


Les pouvoirs publics en sont-ils conscients et ont-ils lancé des initiatives favorables à ces énergies ?

Dans la loi sur la transition énergétique et son volet emploi, quelles places peuvent-elles prendre dans les 20 prochaines années ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:


Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .

Attention à ne pas réduire les EMR à l’hydrolien, qui est même aujourd’hui une filière marginale.  Il y a de nombreuses filières EMR; le potentiel de l’éolien par exemple est aujourd’hui bien supérieur, et les coûts désormais presque compétitifs dans les pays les plus avancés.
Si on se limite aux courants de marée, le potentiel hydrolien est limité, pour un intérêt de proximité; mais celui des grands courants océaniques est considérable. Le Gulf Stream transporte plus d’énergie cinétique que tous les fleuves de la terre…. Quand on saura le capter à un prix acceptable, l’hydrolien aura peut-être un grand potentiel.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:

Les pouvoirs publics en sont-ils conscients et ont-ils lancé des initiatives favorables à ces énergies ?

Dans la loi sur la transition énergétique et son volet emploi, quelles places peuvent-elles prendre dans les 20 prochaines années ?

Les pouvoirs publics sont assez réticents, encore plus que pour le ENR terrestres...
L'enjeu est celui de la transition énergétique (voir la place de l'éolien offshore en Allemagne), mais pour l'emploi le marché est mondial pour ceux qui sauront faire et l'auront démontré chez eux. La France a la deuxième surface mariitime au monde, et les ressources énergétiques y sont très importantes.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

GICAN a écrit:

Le GICAN est un groupement professionnel qui rassemble les industriels français du secteur naval et maritime.
Il réunit les grands maîtres d'œuvre, systémiers et équipementiers ainsi que les PME/ETI, dont le savoir-faire de conception,  construction, maintenance et mise en œuvre des navires s'applique aussi aux autres activités maritimes comme les énergies marines renouvelables. Les EMR sont une opportunité de diversification importante pour notre filière, et donc de stabilité à long terme, les marchés des navires étant eux largement cycliques. Surtout, les EMR représentent pour l'humanité, et notamment en France, une opportunité de diversification intéressante du mix énergétique, au profit de sources non carbonées, assez stables pour certaines, et moins intermittentes qu'à terre pour les autres. Les EMR ne posent d'autre part pas de problèmes de sécurité, ni de démantèlement, et sont "locales", donc offrent une indépendance bienvenue, en particulier pour les zones iliennes ou mal connectées par le réseau électrique.La question des surcouts par rapport aux énergies les moins chères est encore importante, mais il y a une baisse rapide en cours des couts des EMR, qui devraient être compétitives d'ici 5 à 10 ans, pour beaucoup de cas de figures.

Combien le GICAN représente d'emplois pour la filière et quelles technologies lui semblent avoir le plus d'avenir pour la France ?

13 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 11:47:27)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

GICAN a écrit:

Comme en toutes activité économique, pour les EMR, il faudra développer des méthodes globales permettant d'apprécier les coûts et bénéfices économiques, sociaux, écologiques des projets. On n'en est qu'au début des réflexions en la matière, et une difficulté est le risque de favoriser indûment les développements passés, déjà en fonctionnement comme le parc nucléaire français, en général réalisés sans prise en compte de telles appréciations globales, en particulier en matière environnementale.


Tout à fait, il faut impérativement regarder la globalité de la chaîne .
Ce n'est pas parce que c'est nouveau ou utilisant des énergies renouvelables, que c'est propre ou économiquement viable .

Il faut aussi être capable de se projeter, évolution des coûts de l’énergie ; mais aussi des ressources ...
Que reste t'il en uranium ? en pétrole ? hum au doigt mouillé, comme tout réservoir il fini toujours par se vider .
L'avantage avec les gisements renouvelables, c'est qu'ils sont inépuisables .
L'inconvenniant, difficile et coûteux à capter .
Une Analyse du cycle de vie fine est nécessaire pour chaque solution .

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Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Ecocinetic a écrit: "Même si nous avons des réalisations marines, notamment avec GEPS techno qui developpe des plateformes multi-énergies , et de nombreux projets en vue pour les iles et les atolls, donc de proximité .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite ."
Selon les estimations, le potentiel techniquement exploitable d'ici 20 ou 30 ans, au niveau mondial, pour l'hydrolien marin, est de 75 à 100 GW. C'est "peu", en comparaison des 100 GW déjà installés à l'horizon 2030 estimés plausibles par l'IRENA (agence internationale des énergies renouvelables), d'autant que le potentiel techniquement exploitable de l'éolien offshore est supérieur à 5 000 GW d'ici une trentaine d'années (posé, et surtout en flottant). En même temps, les 100 GW de l'hydrolien sont supérieurs aux "N" GW plausibles de l'hydrolien fluvial, même si ceux-ci sont également intéressants localement, sur de nombreux plans, et dans de nombreux pays.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

J. Piel - Bretagne Pêches a écrit:

Le projet d’implanter une ferme éolienne pilote entre Groix et Belle-Île (Morbihan) ne constitue pas une bonne nouvelle pour la pêche professionnelle. Un tel projet est en effet synonyme de perte d’une zone de pêche (en l’occurrence 17 km² pour 4 éoliennes), de gène durant les travaux, de rupture dans la continuité des zones de pêche, d’inconnu quant aux conséquences sur les ressources halieutiques et l’environnement marin. Néanmoins, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan (organisme élu et paritaire, chargé de gérer et représenter la filière Pêche au niveau départemental) est bien conscient des enjeux nationaux en matière d’énergie marine renouvelable. Plutôt que de s’opposer frontalement à ce projet, nous avons donc demandé à être consulté à chaque étape de développement du projet ; ce qui a été parfaitement accepté. C’est ainsi que nous avons défini une « zone de moindre contrainte » qui répond aux normes techniques voulues par le développeur, mais où l’impact (de toute façon négatif) sera moindre pour la pêche professionnelle. Nous demandons également que le câble de raccordement vers la terre soit intégralement ensouillé (enterré) afin de pouvoir continuer à pêcher sur son tracé. Enfin ce site doit rester un site pilote (pour des éoliennes flottantes, et non pas posées) et ne pas devenir un site industriel. Par la suite, des mesures compensatoires devront aussi être envisagées.

On ne peut que vous féliciter d'une attitude aussi responsable même si elle va vous poser certains problèmes. Quelles mesures compensatoires souhaitez vous privilégier pour cette zone de moindre contrainte ? Cela peut il faire école pour des exploitations dans d'autres milieux marins ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Chez Ecocinetic nous ne sommes pas du métier des hydroliennes marines, mais du fluvial et de l'estuarien.
Même si nous avons des réalisations marines, notamment avec GEPS techno qui developpe des plateformes multi-énergies , et de nombreux projets en vue pour les iles et les atolls, donc de proximité .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Avenir plus atteignable sur le fluvial en terme de technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
Néanmoins nous ne nous mettons pas en opposition les marchés et les technologies sont complémentaires .
De très nombreux emplois sont à créer

Frédéric Mourier  responsable R&D chez Ecocinetic

A t on déjà défini les fleuves en France et dans le monde qui pourraient bénéficier de ces technologies et sous quelles formes ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:
EcoCinetic a écrit:


Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .

Attention à ne pas réduire les EMR à l’hydrolien, qui est même aujourd’hui une filière marginale.  Il y a de nombreuses filières EMR; le potentiel de l’éolien par exemple est aujourd’hui bien supérieur, et les coûts désormais presque compétitifs dans les pays les plus avancés.
Si on se limite aux courants de marée, le potentiel hydrolien est limité, pour un intérêt de proximité; mais celui des grands courants océaniques est considérable. Le Gulf Stream transporte plus d’énergie cinétique que tous les fleuves de la terre…. Quand on saura le capter à un prix acceptable, l’hydrolien aura peut-être un grand potentiel.

Tout à fait les EMR sont nombreuses et ne s'opposent pas .
Pour espérer produire ce que l'on consomme, il faut sommer les solutions .
Le vent est partout, mais intermittente, le soleil serait suffisant mais on en capte trop peu, les courants suffisamment rapides , de proximité et exploitables restent à inventorier, la houle incertaine, etc .
Le gulf stream trop lointain, risque de coûter beaucoup trop .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

nous avons développé une turbine à rotation lente, sans bord d'attaque agressif.

Les poissons ne subiraient pas d'impacts majeurs ? Comment cette technologie arrive-t-elle à ce résultat ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

GICAN a écrit:

Comme en toutes activité économique, pour les EMR, il faudra développer des méthodes globales permettant d'apprécier les couts et bénéfices économiques, sociaux, écologiques des projets. On n'en est qu'au début des réflexions en la matière, et une difficulté est le risque de favoriser indument les développements passés, déjà en fonctionnement comme le parc nucléaire français, en général réalisés sans prise en compte de telles appréciations globales, en particulier en matière environnementale.

Avez vous l'impression que le grand public n'est pas assez au courant ? tout comme les associations de protection de la nature ? Ne faut-il pas aussi prêcher la bonne parole auprès des institutionnels et des politiques ? La France dans ce domaine est elle pionnière ? Si oui, pourquoi ?

20 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 11:57:58)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

Chez Ecocinetic nous ne sommes pas du métier des hydroliennes marines, mais du fluvial et de l'estuarien.
Même si nous avons des réalisations marines, notamment avec GEPS techno qui developpe des plateformes multi-énergies , et de nombreux projets en vue pour les iles et les atolls, donc de proximité .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Avenir plus atteignable sur le fluvial en terme de technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
Néanmoins nous ne nous mettons pas en opposition les marchés et les technologies sont complémentaires .
De très nombreux emplois sont à créer

Frédéric Mourier  responsable R&D chez Ecocinetic

A t on déjà défini les fleuves en France et dans le monde qui pourraient bénéficier de ces technologies et sous quelles formes ?

Justement non , insuffisamment, et c'est une enquête trop lourde pour des PME ou TPe comme les nôtres (développeurs) ,
notre Fédération (France Hydrolien Fluvial) réclame de la part des pouvoirs publics la prise en compte de la nécessité de cet inventaire : Campagnes de mesure sur le terrain, modélisation, analyse satellitaire , etc . mais rien n'existe pour l'instant . 
Pourtant sur le terrain, nous voyons que le potentiel est conséquent .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Bonjour à tous.
Merci d'avoir accepté de participer au e-forum organisé par Valeurs Vertes à l'occasion du premier événement grand public placé sous le parrainage de la Ville de Paris consacré aux énergies de la mer et des fleuves "Paris Energie Hydrolien".

Le Cabinet B-Bornemann Conseil et le portail energiesdelamer.eu, avec Stratégies et Littoral, ont mis en oeuvre cette manifestation avec le soutien de nombreux partenaires pour faciliter la compréhension de cette nouvelle filière dans le cadre du mix énergétique et favoriser ainsi l'appropriation par le grand public de ces technologies.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:
EcoCinetic a écrit:


Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .

Attention à ne pas réduire les EMR à l’hydrolien, qui est même aujourd’hui une filière marginale.  Il y a de nombreuses filières EMR; le potentiel de l’éolien par exemple est aujourd’hui bien supérieur, et les coûts désormais presque compétitifs dans les pays les plus avancés.
Si on se limite aux courants de marée, le potentiel hydrolien est limité, pour un intérêt de proximité; mais celui des grands courants océaniques est considérable. Le Gulf Stream transporte plus d’énergie cinétique que tous les fleuves de la terre…. Quand on saura le capter à un prix acceptable, l’hydrolien aura peut-être un grand potentiel.


Est ce que nous ne courrons aucun risque de freiner le Gulf Stream ? Les spécialistes du climat parlent d'un éventuel, à très long terme, d'un ralentissement des courants marins.

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Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit: "Combien le GICAN représente d'emplois pour la filière et quelles technologies lui semblent avoir le plus d'avenir pour la France ?"
Le GICAN regroupe 170 adhérents, à la base actifs bien sûr dans la construction et la maintenance des navires, avec les équipements et services associés. Les navires pour les EMR commencent à faire partie de la production des chantiers français, qui restent pour l'essentiel tout-de-même spécialisés dans les navires à passagers et pourla défense. Les emplois de la filère navale française sont de l'ordre de 42 000 emplois directs, industriels. Parmi ceux-ci, actuellement, on ne compte sans doute pas plus de 500 emplois déjà actifs pour les EMR, surtout chez DCNS et STX-France. Cela concerne surtout les premières fabrications pour les démonstrateurs et les fermes-piltotes pour l'éolien-offshore et l'hydrolien, mais aussi la fabrication de postes électriques en mer pour les champs EMR.
En ce qui concerne la question de quelles EMR ont "le plus d'avenir en France", il y a d'abord quand même l'éolien posé, avec certes du retard par rapport à l'Europe du Nord, mais 10 à 15GW installés en France d'ici 2030. Sur l'éolie flottant et l'hydrolien la France se trouve être parmi les deux ou trois principaux acteurs mondiaux au niveau des développements, y compris pour l'étape des fermes-pilotes, et peut donc prendre les meilleures places lorsque, peu après 2020, on en viendra au développement des fermes commerciales. C'est tout particulièrement vrai pour les hydroliennes, dont le potentiel mondial est relativement limité, et pour lesquelles il faut donc être parmi "les premiers" à être sur le marché.
La France, avec DCNS, se trouve également être au premier rang mondial pour ce qui est des développements technologiques pour l'énegrie thermique des mers (ETM) , énergie très adaptés aux régions iliennes inter-tropicales.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Justement non , insuffisamment, et c'est une enquête trop lourde pour des PME ou TPe comme les nôtres (développeurs) ,
.

C'est un des problèmes des EMR: les ressources, mais surtout les potentiels technico-économiques (=ceux qu'on pourrait exploiter à un coût raisonnable) devraient être évalués par les pouvoirs publics, comme à l'étranger. En France, ce n'est pas le cas..  Les initiatives sont régionales (Bretagne, Aquitaine, Hauts de France...). Rien de global, à la hauteur des enjeux.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

nous avons développé une turbine à rotation lente, sans bord d'attaque agressif.

Les poissons ne subiraient pas d'impacts majeurs ? Comment cette technologie arrive-t-elle à ce résultat ?


La turbine à axe verticale, a des pales qui utilisent la pression différentiels du fluide et la recirculation du fluide, pour fonctionner ;
Il résulte de ce design particulier, une vitesse optimale de rotation avec un lambda de 1 . c'est à dire que le bout de pale descend à la même vitesse que le courant , ce qui la rend transparente pour le poisson ou l’embâcle .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:

Est ce que nous ne courrons aucun risque de freiner le Gulf Stream ? Les spécialistes du climat parlent d'un éventuel, à très long terme, d'un ralentissement des courants marins.

Les fluctuations naturelles sont bien supérieures à ce qu’on pourrait capter même d’ici 50 ans. Pas de risque immédiat...

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:

La France a la deuxième surface mariitime au monde, et les ressources énergétiques y sont très importantes.

La France n'a jamais eu une véritable prise de conscience de l'importance de ses eaux territoriales mondiales. Cela est pourtant nécessaire à la fois pour son rayonnement et son économie.
La généralisation et la connaissance des possibilités des énergies de la mer pourraient elles faire parti des projets de nos futurs gouvernants ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
Le Visage - SML a écrit:
EcoCinetic a écrit:


Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .

Attention à ne pas réduire les EMR à l’hydrolien, qui est même aujourd’hui une filière marginale.  Il y a de nombreuses filières EMR; le potentiel de l’éolien par exemple est aujourd’hui bien supérieur, et les coûts désormais presque compétitifs dans les pays les plus avancés.
Si on se limite aux courants de marée, le potentiel hydrolien est limité, pour un intérêt de proximité; mais celui des grands courants océaniques est considérable. Le Gulf Stream transporte plus d’énergie cinétique que tous les fleuves de la terre…. Quand on saura le capter à un prix acceptable, l’hydrolien aura peut-être un grand potentiel.


Est ce que nous ne courrons aucun risque de freiner le Gulf Stream ? Les spécialistes du climat parlent d'un éventuel, à très long terme, d'un ralentissement des courants marins.

Il faut surtout oublier le gulf stream pour l'instant .
Ensuite pour les autres courants , ceux qui sapent les berges ou les cotes, ça ne peut faire que du bien de les freiner un peu !

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

J. Piel - Bretagne Pêches a écrit:

Le projet d’implanter une ferme éolienne pilote entre Groix et Belle-Île (Morbihan) ne constitue pas une bonne nouvelle pour la pêche professionnelle. Un tel projet est en effet synonyme de perte d’une zone de pêche (en l’occurrence 17 km² pour 4 éoliennes), de gène durant les travaux, de rupture dans la continuité des zones de pêche, d’inconnu quant aux conséquences sur les ressources halieutiques et l’environnement marin. Néanmoins, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan (organisme élu et paritaire, chargé de gérer et représenter la filière Pêche au niveau départemental) est bien conscient des enjeux nationaux en matière d’énergie marine renouvelable. Plutôt que de s’opposer frontalement à ce projet, nous avons donc demandé à être consulté à chaque étape de développement du projet ; ce qui a été parfaitement accepté. C’est ainsi que nous avons défini une « zone de moindre contrainte » qui répond aux normes techniques voulues par le développeur, mais où l’impact (de toute façon négatif) sera moindre pour la pêche professionnelle. Nous demandons également que le câble de raccordement vers la terre soit intégralement ensouillé (enterré) afin de pouvoir continuer à pêcher sur son tracé. Enfin ce site doit rester un site pilote (pour des éoliennes flottantes, et non pas posées) et ne pas devenir un site industriel. Par la suite, des mesures compensatoires devront aussi être envisagées.

Questions de Brigitte Bornemann - energiesdelamer.eu / B-Bornemann Conseil

Est-ce que les fondations des éoliennes posées en mer peuvent être utilisées comme nurseries pour les poissons ?

Si oui, convient-il de passer un accord entre les comités des pêches et les propriétaires des parcs éoliens posés en mer ?

De fait et parallèlement, est-ce que les parcs éoliens en mer peuvent ouvrir de nouvelles perspectives de réserves d'élevage pour la filière pêche en mer ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Une Analyse du cycle de vie fine est nécessaire pour chaque solution .

Ne pensez-vous pas que les analyses du cycle de vie sont loin aujourd'hui d'être totalement parfaites, que ce soit pour le pétrole ou le nucléaire. Comment les rendre claires pour chaque énergie et surtout bien définir leur projection économique à moyen et long terme.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:

Avez vous l'impression que le grand public n'est pas assez au courant ? tout comme les associations de protection de la nature ? Ne faut-il pas aussi prêcher la bonne parole auprès des institutionnels et des politiques ? La France dans ce domaine est elle pionnière ? Si oui, pourquoi ?

Les ONG environnementales soutiennent globalement les EMR, même si elles alertent avec raison sur la nécessité d'étudier les impacts au niveau stratégique et à celui des projets. Voir l'étude UICN sur les impacts des EMR sur la biodiversité marine, et ses recommandations

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Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs vertes a écrit: " Avez vous l'impression que le grand public n'est pas assez au courant ? tout comme les associations de protection de la nature ? Ne faut-il pas aussi prêcher la bonne parole auprès des institutionnels et des politiques ? La France dans ce domaine est elle pionnière ? Si oui, pourquoi ?".
La France laisse bien entendu entière liberté aux citoyens de s'opposer aux projets, ou de chercher à les amender, lors des consultations, et notamment par des recours. Comme ceux-ci peuvent durer longtemps, contrairement à la plupart des pays d'Europe du Nord, cela a freiné de manière très significative le développement des EMR en France depuis 15 ans. En Europe du Nord, tout le processus de consultation, d'études environnementales et autres est organisé en amont des appels d'offres, et donc le terrain est "déminé".
Pour ce qui est des institutionnels et personnel politique, le Cluster Maritime Français, avec la participation du GICAN, est en train de créer un "Observatoire des EMR", dont le but est de fournir à ces "cibles" des élements objectifs sur le développement des EMR, notamment en vue des élections de cette année.

33 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 12:12:52)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Je reprends ce que nous disions en introduction :

Ne raisonnons pas que "marin", même si c'est plus visible, plus plaisant pour les gros groupes, les états et les investisseurs .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Nous avons déjà fait le design to cost de notre techno, version industriel, le prix de revient est divisé par 5, et le kWh deviens le plus compétitif .
Avenir plus atteignable sur le fluvial au niveau environnemental,  technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
C'est une tout autre logique, celle de la production ENR disséminée et locale, au lieu d'être centralisée puis transportée avec pertes; c'est la logique des smarts grids .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Le gulf stream trop lointain, risque de coûter beaucoup trop .

Une partie du Gulf Stream n'est il pas proche de nos côtes comme la Bretagne ? La notion de proximité n'est elle pas très importante pour une grande rentabilité ? Quel rôle pour les plateformes ? Peuvent-elles ravitailler le transport maritime à terme ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Justement non , insuffisamment, et c'est une enquête trop lourde pour des PME ou TPe comme les nôtres (développeurs) ,
notre Fédération (France Hydrolien Fluvial) réclame de la part des pouvoirs publics la prise en compte de la nécessité de cet inventaire : Campagnes de mesure sur le terrain, modélisation, analyse satellitaire , etc . mais rien n'existe pour l'instant . 
Pourtant sur le terrain, nous voyons que le potentiel est conséquent .

L'IFREMER peut il jouer un rôle ? Pourrait on à terme, face à notre empire maritime, avoir un grand ministère de la mer qui pourrait justement aider les PME et TPE à finaliser leur projet et ternir un rand important sur les marchés mondiaux ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

Le gulf stream trop lointain, risque de coûter beaucoup trop .

Une partie du Gulf Stream n'est il pas proche de nos côtes comme la Bretagne ? La notion de proximité n'est elle pas très importante pour une grande rentabilité ? Quel rôle pour les plateformes ? Peuvent-elles ravitailler le transport maritime à terme ?


Proche de nos cotes , il est surtout très atténué, car très dispersé et étalé, loin de sa puissance en plein océan, et donc inexploitable pour l'instant .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EMR, ENR et transition énergétique?
Une grande partie des problèmes techniques liés aux ENR et aux EMR sont liés au choix du vecteur: l’électricité. C’est facile à produire, mais difficile à utiliser (pas de stockage). Les solutions de conversion existent : STEP, batteries, mais aussi « power to gas », transformation en gaz renouvelable - stockable, facilement transportable, utilisable dans des véhicules, pour le chauffage ou la production d’électricité. Evidemment, si la transition vise un système 100% électrique, il y a un problème… Le développement des EMR, et des ENR en général, nécessite de repenser notre système énergétique. Voir le scénario NEGAWATT, par exemple, pour les solutions.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:

L'IFREMER peut il jouer un rôle ? Pourrait on à terme, face à notre empire maritime, avoir un grand ministère de la mer qui pourrait justement aider les PME et TPE à finaliser leur projet et ternir un rand important sur les marchés mondiaux ?

On a un grand ministère de la mer... qui est aussi celui de l'énergie traditionnelle. Il a du mal à faire des arbitrages.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

GICAN a écrit:

Les emplois de la filère navale française sont de l'ordre de 42 000 emplois directs, industriels. Parmi ceux-ci, actuellement, on ne compte sans doute pas plus de 500 emplois déjà actifs pour les EMR, surtout chez DCNS et STX-France.

Comment un investissement important public-privé pourrait booster la filière et quelles créations d'emplois pourraient on en attendre ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

Justement non , insuffisamment, et c'est une enquête trop lourde pour des PME ou TPe comme les nôtres (développeurs) ,
notre Fédération (France Hydrolien Fluvial) réclame de la part des pouvoirs publics la prise en compte de la nécessité de cet inventaire : Campagnes de mesure sur le terrain, modélisation, analyse satellitaire , etc . mais rien n'existe pour l'instant . 
Pourtant sur le terrain, nous voyons que le potentiel est conséquent .

L'IFREMER peut il jouer un rôle ? Pourrait on à terme, face à notre empire maritime, avoir un grand ministère de la mer qui pourrait justement aider les PME et TPE à finaliser leur projet et ternir un rand important sur les marchés mondiaux ?


L'Ifremer et bien d'autres . cela devrait être une de leur mission .
En fluvial, la base hydro est renseigné depuis plus de 100 ans par de nombreux acteurs, mais seules les données de hauteurs et debits sont rendus publique . La vitesse n'est prise que pour le jaugeage (l'etalonnage) des stations de mesure. Partout ailleurs il n'existe aucune infos sur la ressources hydrocinetique des cours d'eau .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:
EcoCinetic a écrit:

Justement non , insuffisamment, et c'est une enquête trop lourde pour des PME ou TPe comme les nôtres (développeurs) ,
.

C'est un des problèmes des EMR: les ressources, mais surtout les potentiels technico-économiques (=ceux qu'on pourrait exploiter à un coût raisonnable) devraient être évalués par les pouvoirs publics, comme à l'étranger. En France, ce n'est pas le cas..  Les initiatives sont régionales (Bretagne, Aquitaine, Hauts de France...). Rien de global, à la hauteur des enjeux.

Ne faut il pas, lors des prochains débats pour les présidentiels, faire passer le message à l'échelon national ? Nous sommes prêt à diffuser les informations dans ce domaine en partenariat avec les energiesdelamer.eu

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

J
C'est une tout autre logique, celle de la production ENR disséminée et locale, au lieu d'être centralisée puis transportée avec pertes; c'est la logique des smarts grids .

C'est évidemment par là qu'il faut commencer: utiliser les ressources locales localement. Les EMR peuvent être une solution locale sur les côtes, mais aussi une solution globale en complément. Les deux peuvent être complémentaires.

43 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 12:23:47)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:

EMR, ENR et transition énergétique?
Une grande partie des problèmes techniques liés aux ENR et aux EMR sont liés au choix du vecteur: l’électricité. C’est facile à produire, mais difficile à utiliser (pas de stockage). Les solutions de conversion existent : STEP, batteries, mais aussi « power to gas », transformation en gaz renouvelable - stockable, facilement transportable, utilisable dans des véhicules, pour le chauffage ou la production d’électricité. Evidemment, si la transition vise un système 100% électrique, il y a un problème… Le développement des EMR, et des ENR en général, nécessite de repenser notre système énergétique. Voir le scénario NEGAWATT, par exemple, pour les solutions.

En effet, nous devrions viser de consommer moins, beaucoup moins, et nous y viendrons par la force des choses .
Par ailleurs par rapport au problème du stockage électrique, évidement l'avantage va aux solution de production les plus permanentes possible , comme l'hydrolien, plus c'est permanent, moins on a besoin de batteries .

de même , produire de l'électricité n'est pas toujours nécessaire.
La force mécanique d'une turbine peut tout aussi bien comprimer de l'air, relever ou  pomper de l'eau , produire de l'hydrogéne,  directement sans passer par une production . Mais il vaut mieux être à proximité ...

44

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:"Ne pensez-vous pas que les analyses du cycle de vie sont loin aujourd'hui d'être totalement parfaites, que ce soit pour le pétrole ou le nucléaire. Comment les rendre claires pour chaque énergie et surtout bien définir leur projection économique à moyen et long terme. ".
Il est évident qu'il y a beaucoup à faire, et que les intérets en jeu étant énormes, le travail d'homogénéisation des critères à prendre en compte sera difficile ! En attendant, il faut s'en remettre au moins au débat politique, et notamment au travail de l'Observatoire des EMR...

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:
Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

nous avons développé une turbine à rotation lente, sans bord d'attaque agressif.

Les poissons ne subiraient pas d'impacts majeurs ? Comment cette technologie arrive-t-elle à ce résultat ?


La turbine à axe verticale, a des pales qui utilisent la pression différentiels du fluide et la recirculation du fluide, pour fonctionner ;
Il résulte de ce design particulier, une vitesse optimale de rotation avec un lambda de 1 . c'est à dire que le bout de pale descend à la même vitesse que le courant , ce qui la rend transparente pour le poisson ou l’embâcle .

Pour un lecteur lambda, pouvez-vous nous expliquer un peu plus ? C'est transparent visuellement ? Et qu'en est il de leurs autres impacts (ultrason, onde, magnétisme... quid des dauphins) ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Il faut surtout oublier le gulf stream pour l'instant .
Ensuite pour les autres courants , ceux qui sapent les berges ou les cotes, ça ne peut faire que du bien de les freiner un peu !

Cela pourrait donc protéger de l'érosion marine certaines plages. Je pense à la région Aquitaine dans les Landes où l'érosion met en danger les bâtiments en front de mer. N'est ce pas un bon argument à défendre auprès des collectivités locales ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Chez Ecocinetic nous ne sommes pas du métier des hydroliennes marines, mais du fluvial et de l'estuarien.
Même si nous avons des réalisations marines, notamment avec GEPS techno qui developpe des plateformes multi-énergies , et de nombreux projets en vue pour les iles et les atolls, donc de proximité .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Avenir plus atteignable sur le fluvial en terme de technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
Néanmoins nous ne nous mettons pas en opposition les marchés et les technologies sont complémentaires .
De très nombreux emplois sont à créer

Frédéric Mourier  responsable R&D chez Ecocinetic


Questions de Brigitte Bornemann energiesdelamer.eu - B-Bornemann Conseil

En France, les entreprises qui interviennent dans l'éolien fluvial et estuarien sont essentiellement des petites entreprises. Comment avez-vous travaillé avec les collectivités locales pour implanter vos hydroliennes fluviales tant en France ?

Au Congo l'utilisation des hydroliennes pour permettre de protéger la forêt.

Vous avez exporté et implanté 12 pico hydroliennes dans la rivière du village de Moulengo pour répondre aux enjeux de l'électrification rurale au Congo.
Comment et par qui EcoCinétic a-t-il été contacté ?  Avez-vous répondu à un appel d'offres ?
article paru dans energiesdelamer.eu le 4/11/2016 - https://www.energiesdelamer.eu/publicat … -congo-rdc

Quelles protections nécessaires pour les hydroliennes fluviales dans ce type de rivières ?
Quelles sont les précautions prises pour éviter les impacts environnementaux sur la faune ?

48

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit: " Comment un investissement important public-privé pourrait booster la filière et quelles créations d'emplois pourraient on en attendre ?"
Les soutiens actuels en France, pour les démonstrateurs, les fermes-pilotes et les champs commerciaux, sont bons, et doivent être continués à l'évenir, même si le soutien financier aux champs commerciaux doit bien sur se réduire au fur et à mesure que les technologies deviennet matures.
A l'horizon 2030, le GICAN a fait une projection montrant que pour 15 à 20 GW installés en 2030 pour l'ensemble des EMR en France, on arriverait à plus de 50 000 emplois directs industriels, dont environ la moitié pour la filière navale.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Le Visage - SML a écrit:

Voir l'étude UICN sur les impacts des EMR sur la biodiversité marine, et ses recommandations

La nouvelle agence de la biodiversité pourra t elle s'impliquer dans la défense de certaines de vos technologies ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

GICAN a écrit:

Valeurs Vertes a écrit:"Ne pensez-vous pas que les analyses du cycle de vie sont loin aujourd'hui d'être totalement parfaites, que ce soit pour le pétrole ou le nucléaire. Comment les rendre claires pour chaque énergie et surtout bien définir leur projection économique à moyen et long terme. ".
Il est évident qu'il y a beaucoup à faire, et que les intérets en jeu étant énormes, le travail d'homogénéisation des critères à prendre en compte sera difficile ! En attendant, il faut s'en remettre au moins au débat politique, et notamment au travail de l'Observatoire des EMR...


Oui elles sont loin d'être parfaite, mais elles ont le mérite de vouloir élargir le regard, sous réserve que l'on prenne un périmètre d'étude global, planétaire, pas limité et local .
Par exemple prendre en compte l’extraction de l'uranium, puis son retraitement, puis le démantèlement de centrale, pour avoir les vrais coûts du kWh français, largement sous estimé aujourd'hui . Donc un EDF pas rentable et en perte .

C'est encore considérer la pollution atmosphérique comme un phénomène permanent, pas simplement quelque chose qui apparaîtrait lorsqu'il n'y a pas de vent . la seule différence quand il y a du vent , c'est que ça dégage chez le voisin, puis ça reviens ... le hangar (l’atmosphère) se remplit

Donc ACV oui si globale

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

GICAN a écrit:

Pour ce qui est des institutionnels et personnel politique, le Cluster Maritime Français, avec la participation du GICAN, est en train de créer un "Observatoire des EMR", dont le but est de fournir à ces "cibles" des élements objectifs sur le développement des EMR, notamment en vue des élections de cette année.

Ne faut il donc pas mettre ce sujet au coeur des réflexions sur la transition énergétique qui s'est le plus souvent focalisé sur d'autres énergies comme le photovoltaïque, la biomasse... N'y a t il pas un travail de hiérarchisation des sujets ?

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

Il faut surtout oublier le gulf stream pour l'instant .
Ensuite pour les autres courants , ceux qui sapent les berges ou les cotes, ça ne peut faire que du bien de les freiner un peu !

Cela pourrait donc protéger de l'érosion marine certaines plages. Je pense à la région Aquitaine dans les Landes où l'érosion met en danger les bâtiments en front de mer. N'est ce pas un bon argument à défendre auprès des collectivités locales ?


Oui c'est déjà à l'étude avec des solutions houlomotrices /

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Un petit rappel vers la fin de ce débat maritime.
Aujourd’hui, les principales menaces pour les ressources halieutiques sont la pollution (terrestre, essentiellement) la surpêche et le changement climatique .
Les principales menaces globales pour l’environnement marin sont la pollution, le changement climatique, la surexploitation des ressources biologiques.
Les impacts des EMR (même localement) sont de plusieurs ordres de grandeurs inférieurs, et sont une partie de la solution potentielle au changement climatique...

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

EcoCinetic a écrit:

Je reprends ce que nous disions en introduction :

Ne raisonnons pas que "marin", même si c'est plus visible, plus plaisant pour les gros groupes, les états et les investisseurs .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Nous avons déjà fait le design to cost de notre techno, version industriel, le prix de revient est divisé par 5, et le kWh deviens le plus compétitif .
Avenir plus atteignable sur le fluvial au niveau environnemental,  technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
C'est une tout autre logique, celle de la production ENR disséminée et locale, au lieu d'être centralisée puis transportée avec pertes; c'est la logique des smarts grids .

Désormais, les syndicats d'énergie sont de plus en plus important dans les régions, comme par exemple la Vendée. Ne faut il pas faire un travail d'information auprès de ces collectivités concédantes ?

55 Dernière modification par EcoCinetic (25-01-2017 12:34:50)

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
GICAN a écrit:

Pour ce qui est des institutionnels et personnel politique, le Cluster Maritime Français, avec la participation du GICAN, est en train de créer un "Observatoire des EMR", dont le but est de fournir à ces "cibles" des élements objectifs sur le développement des EMR, notamment en vue des élections de cette année.

Ne faut il donc pas mettre ce sujet au coeur des réflexions sur la transition énergétique qui s'est le plus souvent focalisé sur d'autres énergies comme le photovoltaïque, la biomasse... N'y a t il pas un travail de hiérarchisation des sujets ?


Oui le GICAN peut porter cela, mais ne portera peut être pas son attention sur le onshore, que sur le offshore , malheureusement .

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Questions de Brigitte Bornemann energiesdelamer.eu - B-Bornemann Conseil

L'observatoire des EMR a été créé récemment par le Cluster maritime français. Quelles sont les méthodes de travail utilisées et quelles sont les attentes ?
Quels sont les membres du groupe de travail de l'observatoire des énergies de lamer 09/11/2016 - http://www.energiesdelamer.eu/publicati … -de-la-mer

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Merci de ce débat qui est riche d'enseignements. Nous vous laissons à disposition cet espace pour poursuivre les débats. Nous publierons de larges extraits dans notre prochains numéro et sur le portail energiedelamer.com
Continuez à nous enrichir de vos savoir et de vos choix.

A bientôt

Danielle Nocher

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:

Désormais, les syndicats d'énergie sont de plus en plus important dans les régions, comme par exemple la Vendée. Ne faut il pas faire un travail d'information auprès de ces collectivités concédantes ?

La décentralisation du système énergétique en général est une vraie question, qui n'a été que très partiellement traitée lors du débat en France. Elle concerne aussi les collectivités côtières, qui pourraient être des acteurs majeurs dans le développement des EMR.

Re : Quel avenir pour les énergies de la mer ?

Valeurs Vertes a écrit:
EcoCinetic a écrit:

Je reprends ce que nous disions en introduction :

Ne raisonnons pas que "marin", même si c'est plus visible, plus plaisant pour les gros groupes, les états et les investisseurs .
Nous pensons que l'hydrolien fluvial et estuarien a plus de potentiel au niveau mondial.
Et que l'hydrolien marin est trop cher et restera cher alors que le fluvial peut baisser très vite .
Nous avons déjà fait le design to cost de notre techno, version industriel, le prix de revient est divisé par 5, et le kWh deviens le plus compétitif .
Avenir plus atteignable sur le fluvial au niveau environnemental,  technique, résistance et production
Le fluvial permet d'atteindre des zones + reculées et de petite production
C'est une tout autre logique, celle de la production ENR disséminée et locale, au lieu d'être centralisée puis transportée avec pertes; c'est la logique des smarts grids .

Désormais, les syndicats d'énergie sont de plus en plus important dans les régions, comme par exemple la Vendée. Ne faut il pas faire un travail d'information auprès de ces collectivités concédantes ?

Nous nous y employons, mais manquons de fond pour informer et tout simplement circuler pour rencontrer .
Le besoin aujourd'hui est de rencontrer des collectivités pionnières, comme le furent et le sont nos premiers client :
Bordeaux, Tonnay Charente, Châtellerault, CACG, ...
Seuls des projets sans grand objectifs de rentabilité sont possibles aujourd'hui en France, projet pédagogique, expérimentaux, de démonstration, ou pour du mobilier urbain, des applis sur berge, mise en valeur, etc .
Demain ces collectivités seraient nombreuses si un tarif d'achat plus fort est possible, ou si nous réussissons notre challenge de la production en série .